Jusqu’où peut-on aller quand on n’est pas marié ?

Je vous mets au défi de me dire que ce n’est pas LA grande question que la plupart des jeunes couples se posent 😆 Et comme il n’y a rien de plus frustrant que les réponses un peu vagues qu’on nous sort souvent, dans cet article, on va parler très concret !

Jusqu’où aller quand on n’est pas marié = mauvaise question ❌

Cette question, tout le monde se la pose, soyons honnête – du moins, tous ceux qui souhaitent attendre le mariage avant de faire l’amour (si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à allez voir cet article : 9 vérités sur le fait de ne pas faire l’amour avant le mariage).

Avec celui qui allait devenir mon mari, cette question, nous nous la sommes posée énormément de fois. Difficile de trouver des réponses claires, précises ou concrètes. Entre ceux qui te disent que « ce n’est pas une question de permis et de défendu », ceux qui prétendent qu’il ne faudrait rien faire d’autre qu’un baiser furtif de temps en temps, et ceux qui font semblant de n’avoir pas compris ta question… bon courage pour s’y retrouver.

Pourtant, c’est une vraie question. Et, excusez-moi de le dire, les pasteurs, prêtres, éducateurs, accompagnateurs qui refusent d’y répondre ou le font de manière vague, ont leur part de responsabilité dans le fait que beaucoup de couples se sentent perdus et « dérapent ». Il n’y a rien de plus stressant que de jouer à un jeu sans en connaître les règles. Sauf que là, on parle de gestes qui peuvent nous marquer à vie, on parle de notre vocation, de notre voie vers la sainteté !

Cette question est donc une question légitime ; en revanche, c’est une mauvaise question car elle est mal posée. La question n’est pas de savoir jusqu’où nous pouvons aller sans que cela ne devienne un péché. Car alors, on aura tendance à jouer avec les limites, à frôler constamment le « trop loin ». On apprend aux enfants à ne pas poser leurs mains sur la gazinière ; s’ils se disaient « jusqu’où je peux aller sans poser les mains dessus », ils approcheraient leurs doigts à quelques centimètres des feux gaz, et ce ne serait pas de la désobéissance en soi. Mais je ne suis pas sûre qu’ils auraient vraiment saisi le sens de ce que leur demandaient leurs parents !

La bonne question = comment vivre nos fiançailles selon le cœur de Dieu ?

La vraie question que nous devrions tous nous poser concernant les limites est plutôt de savoir comment Dieu veut que nous vivions cette période de notre vie. Son plan pour nous est un projet de bonheur :

« Je connais les pensées que Je forme à votre sujet – oracle du Seigneur –, pensées de paix et non de malheur, pour vous donner un avenir et une espérance. »
Jr 29, 11

Dieu veut notre bonheur, Il veut que nous soyons heureux, libres, épanouis, amoureux ! Il ne veut pas que nous passions nos fiançailles à ne pas faire ceci, éviter cela, avec des têtes de pénitents et une peur constante de « mal faire ». Il ne veut pas que nous mettions un frein à notre amour, simplement que nous vivions un amour ajusté à notre état. Si nous ne sommes pas mariés, nous ne pouvons pas aimer l’autre à la manière d’un couple marié – nous ne serions pas en vérité l’un envers l’autre.

Faire l’amour est réservé au mariage car c’est le moyen par lequel nous nous donnons entièrement à l’autre, cœur, corps et âme. Tant que nous n’avons pas été consacrés par le sacrement du mariage, nous ne pouvons que faire semblant de nous donner, faire « comme si » nous nous donnions vraiment. Cela crée des blessures au niveau du cœur et de l’âme, même quand on aime profondément l’autre.

Aimer dans la vérité

Notre objectif en tant que fiancés est d’aimer l’autre en vue du mariage, et donc de discerner si Dieu nous appelle ou non à l’épouser. Même une fois que les faire-part sont envoyés, nous devons absolument rester libres de rompre si c’est nécessaire ! La liberté est l’un des quatre piliers qui rendent un mariage valide.

C’est important de le comprendre. Si nous faisons l’amour avec l’autre avant le mariage, nous ne l’aimons pas en vérité car nous ne sommes pas mariés. Nous nous lions à l’autre, et notre liberté n’est pas respectée. Par ailleurs, si nous ne faisons pas l’amour, mais que nous faisons tout pour éveiller le désir de l’autre, nous ne sommes pas non plus en vérité. C’est un jeu dangereux, comme un enfant qui approcherait ses doigts à quelques millimètres des feux gaz.

Vérité et liberté sont indissociables, car c’est la vérité qui nous rend libres (Jn 8, 32). Notre but est donc d’aimer l’autre dans la vérité de notre état de couple non-mariés, sans chercher à faire « comme si » nous étions mariés. Si les fiançailles étaient un jeu, la règle serait d’aimer le plus possible, dans la vérité, et donc en restant libres.

Ceci étant dit, comment on fait, concrètement ?

Le mode d’emploi pendant les fiançailles consiste à savoir ce qui excite l’autre afin d’éviter de le faire, justement. Pour parler autrement : si tel geste « chauffe » mon conjoint, je choisis de ne plus le faire. Au début, il est donc nécessaire de s’ajuster constamment, car on ne sait pas forcément ce qui va exciter l’autre. Il ne faut pas hésiter à en parler avec honnêteté à notre conjoint : « quand tu fais ça, c’est très agréable, mais ça me donne envie d’aller plus loin ; je préfèrerais que tu ne le fasses plus ».

Il existe des généralités, mais chacun reste unique et ce qui va nous exciter peut être très différent d’une personne à l’autre. D’où l’importance de beaucoup communiquer en couple à ce sujet, et aussi de mettre en place les moyens d’en parler concrètement sans gêne. Avec mon mari, nous avions établi une « échelle du désir », de 0 à 10, 0 étant « je ne ressens aucun désir » et 10 étant « on fait l’amour ».

Quand nous étions l’un avec l’autre, nous demandions régulièrement à l’autre « t’es à combien ? » ; et s’il répondait qu’il était à 6 ou 7, ça voulait dire qu’il fallait qu’on se calme 😁 En réalité, cela nous arrivait souvent que l’un soit à 7 et l’autre à 3. Cette petite habitude toute bête nous a aidés à nous ajuster beaucoup plus facilement. A vous de trouver comment parler de vos limites avec amour, sans oublier d’en parler avec humour !

La juste proximité : fiancés, pas frères et sœurs

Sur Instagram (@couplechretien), une abonnée m’a récemment fait part de sa difficulté à vivre « comme frère et sœur » avec son fiancé. Et c’est un vrai sujet, car on entend parfois dire que ce serait la clef d’une relation ajustée avant le mariage.

Vivre comme frère et sœur, vraiment ? Cela ne me semble pas juste car les fiançailles impliquent une proximité qui n’est pas celle des frères et sœurs. Des frères et sœurs ne s’embrassent pas sur la bouche, par exemple. Ils ne discutent pas de ce qu’ils vivent en profondeur, ne parlent pas de leurs blessures ni ne font de projets de vie ensemble (je sais que certains frères et sœurs vont jusque-là, mais ce n’est pas ajusté).

Cette question de la proximité est importante. Il y a une proximité de frères et sœurs, une proximité de couple marié, et une proximité de couple fiancé, qui sont toutes des proximités différentes. Ce qui compte, c’est de trouver la juste proximité qui correspond à notre état de vie. C’est un discernement permanent, qui n’est pas forcément évident.

Personnellement, mon mari et moi avons eu beaucoup de mal à trouver cette juste proximité pendant nos fiançailles. Mon langage de l’amour est le toucher physique, et mon mari est aussi plutôt tactile, alors ce n’était pas évident de ne pas s’emballer. Nous vivions très mal l’absence de contact physique quand nous nous l’imposions, car nous avions le sentiment de ne plus pouvoir exprimer notre amour. Nous avons tâtonné pendant nos 4 ans de fiançailles, en nous plantant parfois ; mais en se réajustant constamment, nous avons fini par trouver un équilibre.

Si pour vous aussi, trouver une juste proximité est difficile, toutes mes prières vous accompagnent car je sais combien cela peut être douloureux à vivre 🙏 Mais ce n’est pas parce que vous avez fait des erreurs qu’il faut baisser les bras. Demandez-vous pardon, demandez de l’aide au Seigneur, et gardez confiance dans le fait qu’Il vous montrera comment vous aimer dans la vérité. S’Il l’a fait pour nous, Il peut le faire pour vous aussi !

Petite liste utile de limites à se fixer 😉

Pour répondre aux interrogations de beaucoup d’entre vous de façon concrète, voici une liste assez précise des gestes ou attitudes à éviter. Bien sûr, cette liste ne peut pas être exhaustive ! Comme je le disais plus haut, chacun peut être excité par des choses différentes. En ce qui me concerne, les baisers dans le cou me poussaient très facilement à m’emballer, alors avec mon mari nous avons décidé de les garder pour le mariage ! A vous de rédiger votre propre liste, en couple, dans la vérité et la liberté.

  • Les préliminaires : y a-t-il seulement besoin de le préciser ? Si vous en arrivez là, c’est qu’il y a possiblement plusieurs feux rouges que vous avez grillés avant. Les préliminaires font partie intégrante de l’union sexuelle.
  • Toucher les parties intimes de l’autre : même si c’est par dessus les habits (comme mettre sa main sur les fesses), c’est non. C’est une manière de s’approprier l’autre qui n’est pas ajustée pendant les fiançailles.
  • Passer la main sous les habits de l’autre : il peut être tentant de caresser directement la peau de l’autre sous son tee-shirt, mais c’est déjà un peu comme le déshabiller ! Et ça peut très vite déraper.
  • Dormir dans le même lit : partager le lit de l’autre, c’est pénétrer dans son intimité. Et puis, c’est vraiment jouer avec le feu. A bannir pendant les fiançailles, donc.
  • S’embrasser avec la langue : c’est clairement une forme de pénétration, un prélude à l’union sexuelle. Ce genre de baisers éveille rapidement le désir et par conséquent n’est pas ajusté pendant les fiançailles.
  • Rester seuls tard le soir : c’est une situation à risque, où l’imagination peut s’emballer et où, la fatigue aidant, on peut avoir plus de mal à respecter les limites qu’on s’était fixés. Mieux vaut éviter ce genre de situation, c’est d’ailleurs pour cela qu’avec mon mari nous ne dormions jamais dans la même chambre (si vous n’avez pas le choix, la règle première reste quand même de ne pas dormir dans le même lit).
  • Porter une tenue légère : les filles, ce n’est pas moi qui vous dirai comment vous habiller, mais demandez à votre fiancé de vous dire clairement quelles tenues l’excitent chez vous. En ce qui me concerne, j’ai rapidement fait un tri dans ma garde-robe ! A éviter également dans la mesure du possible : être en maillot de bain devant l’autre.
  • Toucher aux points sensibles de l’autre : si votre conjoint est particulièrement sensible aux baisers dans le cou (😇) ou aux câlins trop collés-serrés, mieux vaut les éviter. C’est une question de respect (on ne joue pas avec l’autre) mais ça permet aussi de ne pas s’emballer jusqu’à un point de non-retour.
  • Parler de sexualité : c’est important, et même essentiel, d’en parler en étant fiancés. Mais le contexte doit être pris en compte. En parler tard le soir, sur un lit ou dans la pénombre, ça ne risque pas d’être une bonne idée.

…et petite liste (également utile) de ce qu’on peut faire en étant fiancés !

  • Se prendre dans les bras : geste de l’amour par excellence ! C’est le premier geste qu’une maman fait pour son enfant.
  • S’embrasser sur la bouche : certains attendent le mariage pour le faire (à vous de discerner), mais il n’y a rien de mal à s’embrasser pendant les fiançailles. Bien sûr, si vous passez des heures à vous embrasser, vous risquez sérieusement de déraper, mais les baisers ajustés sont une très belle expression d’amour, qui dit que nous ne sommes pas de simples amis, mais des amoureux 🙂
  • Les gestes apaisants de tendresse : certains gestes sont certes excitants, mais d’autres sont au contraire apaisants. Cela peut être des caresses dans le dos, sur le haut des bras, poser sa tête sur l’épaule de l’autre… A vous de trouver quels gestes de tendresse vous permettent d’exprimer votre amour de façon apaisante (et ces gestes peuvent d’ailleurs être utilisés pour vous calmer s’il y a de l’excitation).
  • Se donner la main : promenez-vous main dans la main, croisez vos doigts quand vous êtes assis l’un à côté de l’autre… c’est un geste propre aux amoureux et ajusté pendant les fiançailles.
  • Parler ensemble : un prêtre disait que, comme les fiancés ne font pas l’amour, leur manière de se donner l’un à l’autre tout en restant ajustés est de parler ensemble. Parlez beaucoup, de tout, mais surtout de vous, de ce que vous ressentez, de votre passé, de votre avenir, de votre vision des choses, de votre vie spirituelle, de votre sexualité, de vos aspirations profondes
  • Les langages de l’amour : bien sûr, découvrez le langage de votre conjoint et parlez-le, mais parlez-lui également avec les autres langages ! Il n’y a pas que le toucher physique pour exprimer son amour 🙂

Le corps ajusté au cœur

Au-delà de la question de ne pas « aller trop loin », nous devons apprendre à être unifiés, corps, cœur et âme. Si nous disons quelque chose avec notre corps qui ne reflète pas ce que nous vivons dans notre cœur et notre âme, alors nous ne sommes pas dans la vérité, nous nous sentons tiraillés. Si nous embrassons l’autre pour lui faire plaisir alors que nous aurions aimé attendre encore un peu avant de poser ce geste, nous ne l’embrassons pas avec tout notre être, nous sommes comme divisés à l’intérieur de nous-même.

S’embrasser, se prendre dans les bras ne sont pas mauvais en soi si nous sommes en couple et que nous cheminons vers le mariage. Mais selon le contexte, selon le rythme de chacun, ces mêmes gestes peuvent être très mal vécus. Certaines filles sont trop pudiques pour embrasser leur fiancé en public, et si celui-ci le fait malgré tout, elles ne verront pas dans ce geste une manifestation d’amour, mais plutôt un manque de respect, voire même une forme d’abus.

De même, dans les couples, il y en a souvent un qui prend l’initiative au niveau des gestes, et un qui a plutôt tendance à freiner l’autre. Le rythme sera forcément imposé par celui qui veut davantage prendre son temps, qui préfère ne pas donner la main à l’autre tant que la relation n’aura pas été officialisée, par exemple. Cela demande nécessairement des ajustements, mais il est important que chacun puisse se sentir respecté et aimé tel qu’il est, sans avoir peur de paraître « coincé » ou « rétrograde ».

Oser dire à l’autre que tel geste nous a blessé, ou qu’on aimerait aller moins vite, est une belle preuve d’amour ! C’est aussi la preuve qu’on prend la relation au sérieux et qu’une communication en vérité est possible. Cela sera très précieux une fois mariés pour avoir une parole libérée dans le domaine de la sexualité. L’autre peut nous blesser sans le vouloir, avec les meilleures intentions du monde, et c’est lui rendre service que de le lui dire avec simplicité et amour.

Aimez, et à fond !

J’espère avoir pu vous faire comprendre à travers cet article que la question des limites en tant que fiancés ne se résume pas à une liste d’interdits arbitraires… car personne n’a envie de passer son temps à se contraindre et à « éviter de ». Ce que Dieu veut pour nous, c’est que nous soyons heureux, que nous nous aimions, que notre couple s’épanouisse dans la joie et la confiance !

Alors arrêtons de voir les fiançailles uniquement comme une période difficile et pleine de combats (ce qui n’est heureusement pas toujours le cas). Le cheminement vers le mariage nous permet de purifier notre amour pour le rendre plus vrai, plus profond et plus durable. Il est pour nous une occasion extraordinaire de grandir humainement et spirituellement, et ce, même si les fiançailles sont finalement rompues.

C’est un chemin magnifique, je peux moi-même en témoigner. Les fiançailles ne sont pas la chambre d’attente du mariage, et Dieu a de vraies grâces à vous donner pendant ce temps de préparation à votre vocation. Alors soyez amoureux, vraiment amoureux, à fond, et en vérité ❤️

« Au soir de notre vie nous serons jugés sur l’amour »
Saint Jean de la Croix

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J'ai voulu créer ce blog quand, encore lycéenne, je me suis mise à chercher des infos sur la vision chrétienne du couple et des relations, et que je n'ai rien trouvé d'intéressant sur internet ! Aujourd'hui, quelques années ont passé, je suis mariée depuis 2019 et maman de trois petits bouts - et vous êtes sur le blog que la lycéenne que j'étais rêvait de créer :)

6 Comments

  1. AvatarEsther hadassah Reply

    Merci beaucoup pour votre article
    J’ai tellement juste en ces quelques lignes.
    J’ai eu des réponses à des multiples questions que je me posé ces derniers jours.
    Dieu vous bénisse

  2. AvatarADJABA Célestine Reply

    J’ai vraiment apprécié cet article. Avec des mots justes et vrais qui donnent envie de vivre pleinement cette phase de la vie à deux. Que le Seigneur vous bénisse abondamment et vous inspire davantage
    Notez que depuis je fais mes recherches sur différents sujets c’est pour la première fois je commente un article 😊

  3. AvatarBARGO Germaine Reply

    Merci beaucoup pour votre éclaircissement.ça m’a beaucoup aidé.J’ai eu des réponses à mes questions.

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